Le camp de concentration de BUCHENWALD

 

 

 

 

 

Le but de cette page n'est pas de décrire avec précision et jour après jour tous les événements qui se sont produits dans ce camp de la mort, mais simplement montrer aux internautes par quelques mots et quelques photos ce pourquoi nos valeureux combattants se sont sacrifiés. Même si ce camp n'avait pas été conçu comme lieu de génocide organisé, il y eut néanmoins l'extermination massive de prisonniers. A partir de 1943, les détenus furent exploités brutalement dans l'industrie d'armement tant à BUCHENWALD que dans les 136 kommandos extérieurs comme DORA.

 

   

 

"Aujourd'hui, seul des fragments subsistent encore de l'univers de ce camp où un quart de millions d'hommes venant de plus de 30 nations ont connus d'indicibles souffrances. Vouloir décrire toutes les facettes de ce monde le long du chemin parcouru par le visiteur ne peut, pour cette raison, qu'être illusion. La destruction délibérée et l'érosion de plusieurs décennies ont fait disparaître beaucoup d'impressions de jadis. Ce n'est pas la main de l'historien qui a choisi et arrangé les vestiges auxquels mène le chemin." (extrait du Tour du Mémorial édité par le musée)

 

 

La porte d'entrée au camp

Un mirador

La porte d'entrée du camp

Un mirador

 

     Situé sur la colline de l'"Ettersberg" à quelques 8 kilomètres de la ville de WEIMAR, ce camp, qui devait s'appeler "Camp de Concentration de l'Ettersberg" est créé en juillet 1937. Ce lieu est choisi en raison de la faible distance qui le sépare de la capitale de la province thuringienne et par la présence de gisements exploitables de pierres et d'argile. Par ailleurs, SAUCKEL, le chef régional du parti nazi, avait exprimé le souhait de cantonner un détachement très important de SS près de WEIMAR. Mais il devient bien vite inconcevable pour le groupe culturel national-socialiste que ces collines boisées, qui sont le but de nombreuses excursions pour les habitants de la région depuis l'époque de GOETHE, de donner le nom d'un lieu en relation avec le poète. Il est alors décidé de donner à ce camp le nom de BUCHENWALD.

    Avec 149 prisonniers en juillet 1937, on passe bien vite à plus de 1.000 en août et à plus de 2.500 à la fin de l'année. Les détenus travaillent jusque tard dans la nuit à ériger ce camp mais également à la construction des casernes SS, d'une fauconnerie et d'un jardin zoologique, des maisons destinées aux dirigeants et également à leurs tristes lieux de vie.

 

Un batiment des SS

La cantine des détenus

Les cachots

Un bâtiment des SS

La cantine des détenus Les cachots

       Ces pauvres hères sont composés d'opposants politiques, de repris de justices appelés criminels professionnels, des témoins de Jéhovah, d'hommes arrêtés à cause de leur casier judiciaire, des sans domicile fixe appelés des associaux et des homosexuels qui s'y ajoutent au cours de l'année 1938. Se rajoutent ensuite plus de 13.000 Juifs allemands et autrichiens et des centaines de Sinté. Ils perdent tout ce qui ont fait leurs personnalités et leurs spécificités. Ils sont rasés, numérotés, répartis en certaines catégories distinguées au moyen de triangles en étoffes de couleurs différentes. 

    Les SS ont droit de vie et de mort sur tous ces détenus. La vie des prisonniers est caractérisée par la saleté, l'entassement dans les logis qui peut d'ailleurs dans le pire des cas être des tentes, le manque d'installations sanitaires, l'insuffisance aiguë d'eau. De plus, ils sont astreints à de longues journées de travail de 14 à 16 heures sans compter les longues séances d'appel le matin et le soir. La faim, le froid, les coups de bâtons, les brimades de toutes sortes, les injures, les punitions cruelles en public, les assassinats et les pendaisons sont le quotidien de tous ces prisonniers. La mort y est omniprésente. Jean AMERY, survivant d'AUSCHWITZ et de BUCHENWALD écrit :

"le dernier devoir du prisonnier, c'était la mort"

    Les détenus qui travaillent à l'extérieur en saison froide ont, en raison de leurs vêtements insuffisants, les mains et les pieds gelés, ce qui est très souvent la cause d'amputation.

 

Le crématorium

Les 6 fours crématoires

La table de dissection

Le crématorium Les 6 fours crématoires La table de dissection

    De nouveaux prisonniers arrivent régulièrement au camp et plus particulièrement dans les semaines de septembre à octobre 1939 qui voient débarquer 8463 personnes. Mais ces arrivées en masse font éclater une très grande épidémie de dysenterie dans le camp de tente. Les SS isolent ce camp et laissent mourir de faim et de soif les malades. C'est à ce moment là qu'est créé le premier crématoire. Un grand nombre d'enfants sont également déportés dans ce camp.

    La construction du camp et de la zone des SS est achevée dans ses parties essentielles au cours des années 1941 et 1942.

        Des essais de vaccins contre la fièvre typhoïde sur des cobayes humains commence à la fin de l'année 1941. On procède, dans le bloc 46, à des expériences sur des êtres humains jusqu'au printemps 1945 sans interruption. Les prisonniers, qui viennent de la compagnie disciplinaire K, sont infectés artificiellement par des injections de microbes. Les médecins SS gardent des cobayes appelés transmetteurs que l'on infecte artificiellement sans leur donner de traitement afin de préserver la souche d'agents pathogènes et prélèvent du sang destiné à l'infection des autres cobayes. Tous meurent peu de temps après. 35 séries d'expériences avec des maladies épidémiques se déroulent entre août 1942 et octobre 1944 détruisant la vie et la santé de plus de 1.100 êtres humains. 

    En septembre 1942, une usine d'armement, la DEUTSCHE AUSRÜSTUNGSWERKE Gmbh (DAW), appartenant à la SS prend possession des camps situés à l'Est des barbelés. Vers la fin de l'année 1940, elle emploie près de 500 détenus. La liquidation massive des prisonniers de guerre déportés à BUCHENWALD et l'assassinat des malades tuberculeux par injections débute après l'attaque contre l'Union Soviétique.

 

Le batiment de désinfection

Les garages

Le batiment de désinfection

Les garages

    Le nombre des détenus augmente de 11.275 détenus à la fin du mois de janvier 1943 à 37.319 vers la fin de l'année et jusqu'à 84.505 à la fin du mois de septembre 1944. Sur le côté Nord du camp on construit des baraquements provisoires de ce que l'on appelle "le petit camp". L'étendue maximale de l'ensemble du camp de BUCHENWALD est atteinte à l'été 1944, avec une surface d'environ 190 hectares.

    Le 24 août 1944, une attaque aérienne d'escadrilles alliés sur l'usine d'armement et la zone SS détruit un grand nombre de bâtiments à l'extérieur du camp.

    Les commandos extérieurs qui s'étendent sur tout le territoire entre l'Elbe et le Rhin fonctionnent comme de véritables camp de concentration comme le camp extérieur de DORA qui obtient pourtant le statut de camp de concentration indépendant à partir du mois d'octobre 1944. Mais avec l'avancée des troupes alliées, le nombre des détenus monte constamment. Les 110.000 détenus (85.000 hommes et 25.000 femmes) à la fin du mois de janvier 1945 en font le plus grand camp parmi les camps qui existent encore. Des dizaines de milliers d'hommes, en majorité des Juifs, arrivent complètement épuisés et à bout de forces à la gare de BUCHENWALD. Les wagons sont remplis de morts dont les noms sont restés inconnus. Les survivants sont entassés au petit camp où les conditions empirent d'une semaine à l'autre. Plus de 13.000 personnes sont mortes à BUCHENWALD dans une période d'à peine 100 jours au début de l'année 1945.

 

L'entrepôt

Le jardin zoologique

L'entrepôt Le jardin zoologique

    Lorsque, au début du mois d'avril, le front se rapproche du camp, il y a environ 48.000 personnes, chiffre alors jamais atteint sur les 40 hectares du camp des prisonniers au haut de l'"Ettersberg". A la dernière minute, les SS entraînent plus de la moitié d'entre eux dans des marches d'évacuation, qui sont le dernier chemin pour beaucoup. Cependant, l'organisation de résistance du camp qui s'est progressivement mise en place depuis quelques mois essaye de ralentir le départ des colonnes. Elle réussi à cacher des centaines de prisonniers, dont de nombreux juifs. Ce n'est pas de manière passive que les groupes de résistance des détenus attendent l'arrivée des libérateurs. Ils profitent du premier instant de leur présence sur un territoire encore contesté pour occuper les miradors, hisser le drapeau blanc et sauvegarder le camp pendant deux jours.

    Le 11 avril, au moment de l'arrivée des premiers chars de la 3ème armée américaine, plus de 21.000 personnes et 900 enfants les attendent. Au total, plus de 250.000 hommes furent détenus à BUCHENWALD entre 1937 et 1945 ; plus de 50.000 d'entre eux y laissèrent leur vie.

 * * * * * * * * *

Le régime de terreur instauré par les SS à l'encontre de leurs prisonniers contrastait considérablement avec les mesures prises en faveur des animaux du jardin zoologique :

 

Extrait de l'ordre du Commandant n°56 du 8 septembre 1938

1. Le jardin zoologique de Buchenwald a été créé afin d'offrir aux hommes l'occasion de se divertir et de s'amuser dans leurs loisirs et de présenter quelques animaux dans leur beauté et leur caractère particulier, animaux qu'ils auront rarement l'occasion d'observer et de connaître dans leur environnement naturel.

L'on est cependant en droit d'attendre et d'exiger de chaque visiteur qu'il fasse preuve de raison et d'amour envers les animaux et qu'il s'abstienne de tout acte qui ne serait pas convenable pour les animaux ou qui pourrait même compromettre leur santé ou leurs habitudes. (...) Entre-temps, l'on m'a signalé à maintes reprises que des hommes de la SS ont attaché la ramure du cerf à la clôture et ne l'ont coupé de ce lien qu'après un bon moment. En plus, l'on a constaté que le cerf a été attiré à la clôture et qu'on lui a mis de la feuille d'étain dans le museau. A l'avenir, je ferai identifier les auteurs de telles grossièretés et je les signalerai au chef de la SS du Reich pour qu'ils soient punis pour cruauté envers les animaux.

Le commandant du camp de concentration de Buchenwald

signé par Karl Koch

SS-Standartenfüher

 

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LE NOMBRE DES MORTS AU CAMP DE CONCENTRATION DE BUCHENWALD (hommes)

Chiffres établis selon les documents trouvés au secrétariat en avril 1945

1937

1938

1939

1940

1941

1942

1943

1944

1945 (janvier à mars)

1945 (jusqu'au 11 avril)

48

771

1.235

1.772

1.522

2.898

3.516

8.644

13.056

913

TOTAL :

34.375

En comptant les prisonniers de guerre soviétiques fusillés à l'écurie (plus de 8.000), les fusillés du crématoire (estimés à 1.100), les morts anonymes arrivés en provenance des camps de l'Est et les victimes des marches d'évacuation (estimés entre 12.000 et 15.000), on arrive à un chiffre total d'environ 56.000 morts.

 

 

 INFORMATIONS CONCERNANT CE MEMORIAL :

 

adresse :

 

GEDENKSTÄTTE BUCHENWALD

D-99427 WEIMAR

 

Téléphone : 0049 3643 4300

Télécopie : 0049 3643 4301 00

 

ouverture :

1er mai - 31 octobre
9h45 - 18h00 (dernière entrée à 17h15)
fermé le lundi.

1er novembre - 30 avril
8h45 - 17h00 (dernière entrée à 16h15)
fermé le lundi.

 

La visite des lieux et des expositions est gratuite

 

http://www.buchenwald.de/

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