Son histoire, l'exil en Angleterre

 

 

Compagnon de la libération

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FAFL

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Le combat

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     Le sergent MARIDOR exécute enfin ses premières missions de guerre : des attaques de "bateaux-flak" puissamment armés, cibles redoutables entre toutes, il participe aussi à un premier combat aérien au-dessus de la Manche. Il se sent à l'aise, dans cette existence rude et saine où il poursuit son existence solitaire. Le 22 septembre 1941, il écrit à BEASSE et LEBLOND qui sont encore en école :


"Je vous avoue c'est plutôt casse gueule car ces salauds ont une de ces D.C.A. ; lorsque tu attaques, tu as l'impression de piquer dans un enfer dont tu ne sortiras pas vivant. En plus de cela, ces salauds de Messer (Messerschmitt 109) te piquent dessus et te mitraillent. Tu dois les ignorer et lorsque tu as fini avec les ships, tu n'as plus de munitions alors ça barde ! Rentrée en rase flotte et en zig zag avec les Messer au cul. En somme, c'est absolument au poil."

 

Attaque de bateaux flak

Attaque de bateaux Flak

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Bateau-Flak désarmé

Bateaux-flak désarmé, emplacements pour :

1 - 2 quadruples 20mm

    2 - 2 tubes simples 37mm

3- 2 doubles de 37mm

 4 - 2 quadruples 20mm

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Septembre 1941 - Visite de Winston Churchill au 615 Squadron

Visite de Winston Churchill

au 615 Squadron dont il

est le parrain. A droite Jean Maridor

- Septembre 1941 -

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     Jean écrit régulièrement à ses camarades. Bien que tous volent sous d'autres cieux, "la patrouille", n'a maintenant plus qu'une existence virtuelle, mais elle est cependant toujours d'actualité puisqu'elle est citée dans certaines correspondances entre les jeunes pilotes. A cette époque, Béasse, Leblond, Traisnel et Le Bian sont encore à l'école. Léon vole au Groupe de Chasse n° 1 "Alsace" qui vient d'être constitué au Moyen-Orient à Rayak, dans la Plaine de la Bekaa au Liban (plus tard il sera affecté au Groupe de Chasse n° 3 "Normandie" où il tombera au champ d'honneur).

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     Il prend part, le 1er octobre 1941, à l'attaque de huit bateaux-flak au large de DIEPPE ; les huit sont incendiés, dont un par MARIDOR, malgré le déchaînement de projectiles qui accueille les avions. Non content de ce succès, MARIDOR achève un autre bateau déjà touché mais qui tire toujours. Après ses premiers succès, il écrit le 30 octobre, une lettre rageuse à son camarade BEASSE :

 

"Les pauvres imbéciles élèves pilotes d'Odiham étaient quand même bons à quelque chose. Bande de salauds de nous avoir laissé un an à rien foutre. Si seulement nous étions tous ensemble ils entendraient parler de nous."

 

     Les mêmes missions continuent les jours suivants, souvent coûteuses pour le squadron 615. Le 31 octobre, au cours d'un mitraillage de batterie près de SAINT-OMER, l'avion de MARIDOR est sérieusement endommagé par des projectiles, mais il réussit toutefois à regagner sa base.

 

     Bientôt seul pilote français au squadron 615 après la formation du squadron français 340 "Ile de France", il en fait part en écrivant à BEASSE le 6 novembre 1941 :

 

"Je ne sais pas si je vais aller dans l'escadrille française, car le C.O. ne veut pas me laisser partir. Je suis le seul Français maintenant et il a fait une demande spéciale à l'Air Ministry pour me garder. J'ignore ce que ça va donner, mais je m'en fiche. Le principal, c'est de bagarrer !"

 

     En décembre 1941, il participe à de nombreuses missions sur la France, donnant libre cours à sa rage de destruction de tout ce qui est allemand, mais évitant soigneusement de mitrailler ou de bombarder sans raison valable des champs, des villes, des villages. Ses exploits, qui lui ont valu d'être nommé officier avec le grade de sous-lieutenant le 15 décembre 1941, lui créent bientôt une notoriété en dehors de son escadrille, mais il n'en a cure en dépit d'une première citation à l'ordre de l'Armée.

 

     Le 17 janvier 1942, il envoie une lettre à ses parents par l'intermédiaire de la résistance et de sa tante dans laquelle il écrit :

 

"Pour le moment j'ai un travail extrêmement intéressant et comme vous savez cela me passionne beaucoup.

 

     Pensant un court moment qu'il allait être affecté au squadron 340 "Île de France" dans lequel René MOUCHOTTE commande un flight, MARIDOR est finalement versé au squadron 91 "Nigeria" à HAWKINGE le 12 février 1942, où il va poursuivre ses missions avec une ardeur que rien ne peut affaiblir.

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     Le 1er mars 1942, au cours de l'attaque d'un bateau dont il fait exploser les chaudières, son avion touché au train d'atterrissage, se pose de justesse et capote ; lui-même est légèrement blessé au visage suite au choc contre le collimateur.

 

Septembre 1941 - Visite de Winston Churchill au 615 Squadron

Jean Maridor dans son

Spit Vb à Hawkinge

- mars ou septembre 1942 -

© R.M. BATTEN (N° 91 Nigeria Squadron -

Peter Hall)

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Un obus a atteint le radiateur d'huile

On distingue nettement

l'impact d'un obus qui a

causé des dommages au

radiateur d'huile

- 1er mars 1942 -

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     Le 29 mars, près de DUNKERQUE, son avion est gravement touché pendant l'attaque de deux "bateaux-flak" dont l'un est incendié. Grâce à des prodiges d'habileté, il parvient à atteindre l'Angleterre, mais doit évacuer en parachute son "SPITFIRE" complètement désemparé. Ceux qui ont déjà piloté un avion s'imaginent aisément ce que cela représente de maîtriser un appareil sans profondeur et sans direction sur une distance de 80 kms... (le pilote avait relaté son récit par écrit). 

 

     Le 23 mai, il vole seul pour un Air Test de 15h35 à 15h55. Il aperçoit deux avions à 5 miles des côtes françaises qu'il engage immédiatement. Mais ces deux avions appartiennent au 402 Squadron Canadien. Avant de se rendre compte de sa méprise, ses obus touchent le Spitfire Vb BM 466 piloté par le pilote canadien, Flt Lt D.G. Molloy qui est contraint de sauter en parachute. Son numéro deux attaque Jean Maridor. Un obus perfore le pare-brise et blesse au bras gauche le pilote français qui est contraint d'atterrir à Hawkinge. Les deux hommes se retrouvent dans la même chambre de l'hôpital de Folkestone. Une explication très orageuse s'en suit, mais lorsque Jacques Andrieux rend visite à Jean, les deux pilotes étaient devenus les meilleurs amis du monde. Mais cette blessure lui impose plusieurs semaines d'inaction. Il est nommé lieutenant le 15 septembre 1942.

 

23 mai 1942 - blessé suite à un combat par méprise

Blessé au bras suite à un

combat engagé par méprise

avec un pilote canadien

- 23 mai 1942 -

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23 mai 1942 - Un obus perfore le pare brise

Un obus tiré par le n°2

canadien perfore le

pare-brise et blesse Jean

- 23 mai 1942 -

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Jean Maridor en 1943, sans autre précision

Jean Maridor en 1943,

sans autre précision

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     Le 16 octobre, il livre son premier combat aérien, sans résultat, à deux "F.W. 190", près de GRAVELINES. Nouvelle rencontre le 22 ; le 26, au cours d'un combat singulier, il en endommage un ; le 31 octobre, pendant un combat tournoyant livré par sa patrouille à de nombreux "F.W. 190", il en abat deux.


     Le 2 novembre, son équipier, le Flt Lt Alan Andrews ayant été abattu en combat contre cinq "F.W. 190", il poursuit seul la lutte et, à court de munitions, n'échappe que de justesse à ses adversaires. Le 22 novembre 1942, il est décoré de la D.F.C. (Distinguished Flying Cross). Il arrive au squadron 341 "ALSACE" le 27 janvier 1943. Durant la brève période de cette affectation, il n'effectue que quelques 7 heures de vols. Durant cette affectation, il s'occupera beaucoup des jeunes pilotes arrivés dans le squadron. Il est de retour au squadron 91 le 29 mars 1943.

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     La "Croix de la Libération" lui est décernée le 8 mai 1943 (remise le 14 juillet 1943) et, quelques jours plus tard, le 25 mai, un fait d'armes particulièrement remarquable accroît considérablement sa célébrité. Alors qu'il est en phase d'atterrissage sur son aérodrome, il voit douze (ou quinze ?) "FW 190" qui se dirigent vers FOLKESTONE pour bombarder le port. Il remet immédiatement les gaz et se lance à l'attaque de l'ennemi. Alors qu'il abat un "FW 190", il est rejoint par ses camarades. Une lutte acharnée s'engage qui coûte à la formation ennemie six appareils détruits, sans aucune perte pour le squadron. Sur ces six, MARIDOR en inscrit un à son palmarès, exploit qui lui vaudra bientôt l'honneur très rare pour un pilote français, de commander un groupe du squadron et, le 15 juin, le grade de capitaine. Il est ensuite invité officiellement par les autorités de FOLKESTONE et reçoit, en guise de remerciements et de reconnaissance, quelques bonnes bouteilles de vin de France.

 

     Le 28 juin, le squadron 91 quitte HAWKINGE et s'installe à WEST HAMPNET, près de PORTMOUTH. De là il exécute de nombreux raids sur la Normandie. MARIDOR est de toutes les parties et survole, non sans un pénible serrement de coeur, sa ville natale dont les faubourgs, celui de GRAVILLE notamment où réside sa famille, ont cruellement souffert des bombardements. Le 24 septembre 1943, pendant une mission de protection de bombardiers "B26 MARAUDER" sur BEAUVAIS, ceux-ci sont assaillis par une nuée de "F.W. 190" ; les "SPITFIRE" du squadron 91 contre-attaquent : combat tournoyant ; MARIDOR endommage un adversaire et en abat un autre : une nouvelle citation à l'ordre de l'Armée  récompense cette double victoire ; une cinquième palme à sa croix de guerre, et l'attribution de la Croix de guerre tchèque, viennent compléter ses décorations.

 

     En novembre, les missions continuent presque chaque jour, depuis TANGMERE, base où le squadron 91 s'est transporté le 4. Mais l'effort physique intense soutenu depuis si longtemps et l'extrême tension d'esprit provoquée par de continuelles missions à faible altitude au sein des éclatements de la "flak" ont épuisé MARIDOR. Le 14 janvier 1944, il doit quitter les opérations et se soumettre quelques semaines à une détente forcée. Le 19 mars, il revient au squadron 91 qui séjourne à DREM près d'EDINBOURG, en demi repos ; cette unité gagne ensuite le 23 avril, un camp au sud de LONDRES.

 

Crédit photos :

- Général Jacques Andrieux

- Colonel Pierre Henri Clostermann

- Madame Thérèse Maridor

- l'auteur, Jean-Claude Augst

 
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dernière modification effectuée le 22 janvier 2014